Manger de saison en Wallonie : le calendrier des fruits et légumes locaux
En viticulture comme en maraîchage, la saison dicte une grande partie de la qualité finale. La maturité phénolique d’un raisin, l’acidité d’un fruit, la teneur...
Cultiver le goût, préserver la nature
La viticulture fait face à une multitude de défis : des maladies comme le mildiou et l’oïdium, aux ravages des ravageurs (cicadelles, cochylis, vers de la grappe...), en passant par les impacts du changement climatique. Tout ceci pousse les vignerons à protéger leurs vignes, mais souvent à un coût environnemental important.
Entre 2013 et 2019, la viticulture européenne a utilisé 3 à 5 % des terres agricoles, mais représentait environ 20 % de la consommation de produits phytosanitaires. Cette dépendance inquiète, car elle entraîne des conséquences directes sur la santé des sols, la biodiversité, la qualité de l’eau et même sur la santé humaine. Pas étonnant, donc, que de nombreuses initiatives en faveur d’une transition durable prennent de l’ampleur. Les traitements naturels, à travers leurs bienfaits et leurs limites, viennent aujourd’hui enrichir cette réflexion.
Avant d’entrer dans le détail, clarifions ce que l’on entend par traitements naturels dans les vignobles.
À première vue, intégrer davantage de traitements naturels semble être une évidence pour répondre à la crise écologique actuelle. Voici pourquoi.
Tester et adopter des traitements naturels n’est toutefois pas une solution sans zones d’ombre ou sans défis. Voici les principaux freins rencontrés par les vignerons.
Un produit naturel qui fonctionne bien sur un vignoble au climat sec peut être inefficace dans des régions humides. Par exemple, le mildiou, favorisé par l’humidité, nécessite une protection efficace et réactive que les substituts naturels peinent parfois à reproduire.
Les intrants naturels ne bénéficient pas toujours d’une reconnaissance ou d’une définition claire dans certaines législations. Ceci complique leur développement et leur adoption à grande échelle.
L’utilisation d’agents naturels comme les extraits végétaux requiert des protocoles précis, souvent différents des traitements synthétiques. L’agriculteur doit donc se former et accepter de parfois expérimenter pour trouver la bonne solution.
Bonne nouvelle, les progrès scientifiques et les initiatives vigneronnes ne cessent de grandir. La recherche autour des produits naturels connaît un essor notable. En 2020, l’Union européenne a lancé des projets tels qu’"Horizon Europe", dont le volet agriculture favorise l’innovation dans la gestion des sols et des maladies par des solutions plus durables.
Parallèlement, de nombreux domaines viticoles explorent des alternatives combinant agroécologie, réduction des entrants chimiques et régénération des écosystèmes. La viticulture biodynamique, par exemple, privilégie l’équilibre du sol et du vivant pour minimiser les besoins en traitements extérieurs. En Wallonie, plusieurs vignobles comme le Domaine du Chenoy ou le Château Bon Baron explorent cette voie prometteuse.
Si les traitements naturels ne remplaceront pas demain les produits traditionnels à eux seuls, ils prennent une place croissante dans les discussions et dans les pratiques. Ils s’imposeront comme des outils complémentaires à intégrer dans des approches globales et diversifiées. L’enjeu n’est pas d’opposer nature à chimie, mais de repenser la manière dont on cultive nos terres pour produire des vins qui soient en harmonie avec leur époque, leur terroir et notre planète.
N’oublions pas qu’en tant que consommateurs, nos choix orientent les pratiques. Soutenir les vignerons engagés, privilégier les circuits courts et prendre le temps de découvrir les démarches derrière les bouteilles que nous consommons, c’est un pas vers une viticulture plus responsable et admirable.