Des filières locales, moteurs économiques et sociaux
Derrière la profitabilité de l’agroécologie, il y a le levier du local. L’évolution des attentes du consommateur wallon (préférence pour des produits traçables, locaux, cultivés dans le respect de l’environnement) a ouvert un boulevard à l’émergence de filières courtes : magasins fermiers (plus de 400 en Wallonie), marchés locaux, plateformes coopératives, ventes à la ferme…
Le chiffre est révélateur : plus de 10 % du chiffre d’affaires de l’agriculture wallonne provenait de la vente directe en 2022, contre 3 % seulement dix ans auparavant (source : Socopro/Sciensano). Les exploitations engagées dans ces circuits courts ont mieux résisté aux hausses de prix de l’énergie et aux perturbations d’approvisionnement post-Covid.
Au-delà de l’aspect purement économique, cette « relocalisation » enclenche un cercle vertueux : maintien de l’emploi rural, transmission de savoir-faire, consolidation du tissu social villageois. Certains territoires vont même plus loin, avec l’installation de micro-collectivités qui réunissent production, transformation et consommation dans un même bassin de vie (ex : projet Ceinture Aliment-Terre liégeoise).