Le semis direct sous couvert : réinventer le labour
En Wallonie, le semis direct sous couvert fait de plus en plus d’adeptes parmi les pionniers de l'agroécologie. Il consiste à semer la culture principale directement dans le couvert végétal vivant, sans détruire totalement celui-ci et surtout, sans retourner la terre.
Les atouts sont multiples :
- Diminution de l’érosion : le sol n’est jamais nu, même au moment de l’implantation des cultures.
- Économie de carburant et de temps : moins de passages de tracteur, moins de frais, moins d’émissions de CO₂.
- Stimulation de la vie souterraine : les mycorhizes et vers de terre ne sont pas dérangés par le labour.
Des essais menés par le CRA-W sur plusieurs exploitations pilotes, notamment à Libramont, indiquent que le semis direct, combiné à un couvert gélif (par exemple, de la féverole + moutarde), permet d’augmenter la matière organique du sol de 0,1 à 0,2% par an en rotations céréalières (CRA-W).
Un défi persiste cependant : gérer les risques de limaces et les semences adventices, d’où l’importance de la rotation et de l’observation fine du sol. Les pionniers de la région de Huy ou de Gembloux adaptent leur mélange chaque année en fonction des conditions climatiques, parfois imprévisibles ces derniers temps.