Concrètement, à quoi servent ces outils sur le terrain ?
Anticiper et réduire les traitements
En 2023, la pression du mildiou en Wallonie a obligé à augmenter la fréquence des traitements préventifs chez de nombreux vignerons (CRA-W). Or, la plupart des maladies cryptogamiques répondent à des combinaisons précises de conditions climatiques : feuilles mouillées, durée d’humectation, alternance de températures. Les modèles épidémiologiques intégrés dans les OAD, nourris par les capteurs météo, alertent à la parcelle près lorsqu’un risque réel apparaît, permettant de cibler le traitement au bon moment, au bon endroit. Résultat : jusqu’à 25 % d’économie sur l’usage de fongicides dans certaines exploitations selon Terres Inovia.
Maîtriser l’irrigation et le stress hydrique
Chaque été, les parcelles wallonnes connaissent désormais des épisodes de sécheresse récurrents. Savoir quand et combien irriguer reste un casse-tête… sauf si on dispose de sondes d’humidité reliées à un OAD. Par exemple, la start-up wallonne Weenat, dont le réseau progresse dans le sud du pays, permet de visualiser à la minute la réserve utile du sol. Les premières installations dans la région d’Eghezée ont montré un gain de 15 % sur l’efficacité de l’irrigation sur des cultures de pommes de terre, en réduisant le stress et l’évitement des arrosages inutiles. Pour la vigne, la surveillance de l’état hydrique est cruciale pour orienter la gestion de l’enherbement et le choix de la date de vendange.
Optimiser les interventions en fonction de la météo réelle
En Wallonie, le microclimat fait la loi. D’une parcelle à l’autre, sur un même coteau, on observe des écarts de plusieurs degrés ou de dizaines de millimètres de pluie sur un même mois. Grâce à des stations météo connectées, installées à la parcelle, il devient possible de planifier précisément :
- Le passage du pulvérisateur en évitant l’effet « lessivage » juste après la pluie.
- Le risque de gel de printemps, qui peut être anticipé avec des alarmes SMS à déclenchement automatique.
- Les vendanges, en choisissant la fenêtre optimale.
D’après le Réseau de Conseil Agronomique wallon, jusqu’à 12 % de pertes peuvent être évitées par une meilleure anticipation météorologique grâce à la télémétrie.
Respecter davantage l’environnement et économiser les intrants
Moins mais mieux : c’est la philosophie. Les outils connectés transmettent des données ciblées. Exemple illustratif : au Domaine du Chenoy, près de Namur, une gestion fine des traitements, croisée avec l’état hydrique et la pousse de l’enherbement, a permis de baisser de 20 % en trois ans l’usage de cuivre en bio (source : audit Interbio). À l’échelle de la Wallonie, si 10 % des vignerons adoptaient massivement ces technologies, on estime à près de 100.000 euros/an les économies potentielles d’intrants dans la seule filière viticole (extrapolation CRA-W 2023).
Un pilotage à la carte… même à distance
Un smartphone, une appli : voilà le nouveau tableau de bord des exploitants. Outre le gain de temps, la gestion multi-parcellaire s’améliore : l’agriculteur consulte l’état de toutes ses parcelles (vigne, céréales, légumes) au même endroit. En cas d’événement critique (gel, orage, risques phytosanitaires), l’alerte est immédiate et le suivi plus serein. Plus besoin d’être systématiquement sur place pour réagir vite.